La gribane restaurée

La gribane restaurée

Pour préserver l’éclat de leurs collections, les musées programment des mesures conservatrices sur tout ou partie de leurs richesses. Comme cet été sur la Gribane à MuséoSeine.

À MuséoSeine, le plaisir des visiteurs est de pouvoir monter sur le pont de la Gribane, ce navire de transport de matériaux, typique de la Seine. Les plus jeunes se plaisent à prendre les commandes (de manière fictive) de cette belle embarcation, l’une des pièces maîtresse du musée de la Seine normande. « Notre Gribane construite à la fin du XIXe siècle est le tout dernier spécimen que l’on connaisse », appuie Juliette Fortunato, chargée des collections des musées de Caux Seine agglo. Propriété du parc naturel régional des boucles de la Seine Normande, le bateau est placé sous la responsabilité de Caux Seine agglo depuis son entrée dans le musée. L’embarcation, tant appréciée, montrait cependant des signes d’affaiblissement. L’agglomération a donc programmé au cœur de l’été un chantier de restauration pour préserver la vieille dame. La Gribane a vécu au moins sept vies et deux naufrages…Il faut savoir prendre soin de sa peau ! 

Des techniques anciennes pour protéger le bateau  

C’est ce que l’entreprise Sérica a accompli entre le 30 août et le 10 septembre dernier. Ce chantier naval de Bretagne, spécialisé dans les méthodes traditionnelles de charpenterie navale, a réparé le pont et redonné des couleurs à la coque de la Gribane. « La coque tribord, la plus exposée aux intempéries, était celle aussi qui avait été mise à nue pour les besoins d’un chantier pédagogique dans les années 80 et conservée ainsi afin que visiteurs et futurs professionnels apprécient la complexité du travail de charpente. Mais se posait le problème d’infiltrations vers la cale et des moisissures apparaissaient », détaille Juliette Fortunato. Les professionnels bretons ont enduit cette coque d’huile d’abrasin (aussi appelée « huile de bois de chine ») très connue pour son pouvoir hydrophobe. Cette protection fonce la couleur du bateau désormais. « Mais elle met aussi en valeur les anciennes couches de peinture apposées sur la Gribane », ajoute la chargée des collections. Le pont a aussi été remis en état : les lames abîmées, toutes remplacées à l’identique et assemblées au maillet avec des clous artisanaux fabriqués dans la dernière clouterie de France (Clouterie Rivierre, dans l’Oise) ; et une partie du pont a bénéficié d’un traitement à l’ancienne pour assurer son étanchéité : le calfatage a été réalisé dans le respect des techniques toujours appliquées sur l’embarcation. Les professionnels ont d’abord inséré l’étoupe (du chanvre) entre les lames grâce à un maillet et des fers à calfater, puis ils ont procédé à la pose du brai, un goudron minéral d’un noir intense qu’on fait bouillir au préalable avant de le verser dans les coutures du bateau avec minutie.  

La Gribane resplendit aujourd’hui sur les bords de Seine à Rives-en-Seine. Venez découvrir de vos propres yeux le travail de restauration accompli !

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